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 LES PÈLERINS D'ARÈS

 

   Dernière révision : Corrections faites le 25 mai 2001 © copyright Michel Potay 2001

Personne ne sait qui créa l'appellation Pèlerins d'Arès, apparue avant qu'un pèlerinage ne s'établît à Arès. Moi même je l'entendis avant de l'utiliser. L'appellation fut probablement tirée du verset 12/9 de La Révélation d'Arès: "...la grande détresse du pèlerin qui apaise le Père." Quant à la mission des Pèlerins d'Arès, elle naquit tout aussi spontanément du milieu des lecteurs de La Révélation d'Arès.

Les Pèlerins d'Arès sont des croyants libres, humanistes, existentialistes, vivant dans le monde. Ils croient et annoncent que le bien et la transfigurante force du bien sont le produit du coeur et de la volonté de l'individu et non le produit de pouvoirs, institutions, lois, politiques, religions, morales ou cultures de masse.

Aucun siège, aucune organisation, aucune association ne représente les Pèlerins d'Arès comme tels. Les nombreuses associations créées par des Pèlerins d'Arès sont seulement des initiatives ponctuelles libres qui n'engagent que leurs membres; leurs activités diverses (souvent missionnaires, mais aussi philantropiques, humanitaires, etc.) vont toujours dans le sens du bien universel tel que le définit La Révélation d'Arès.

Les Pèlerins d'Arès n'ont ni chefs, ni dogmes, ni structures, ni obligations, lesquels n'ont jamais rendu un homme bon, et ont tout au plus empêché un certain nombre d'hommes de nuire en les menaçant ou en les punissant. Les Pèlerins d'Arès n'entrent dans aucun registre ou fichier, dans aucun programme d'initiation. Ils prient librement dans le souci essentiel de garder en mémoire la Parole qu'il faut "accomplir", le souci de louanger ou supplier étant secondaire et souvent absent. L'autorité que suit un Pèlerin d'Arès est sa conscience dans la voie du bien: amour, respect de tous les hommes, pardon, paix, liberté, intelligence spirituelle, et dans la mission de rappeler aux hommes que le bien seul vainc le mal et changera le monde. Le lien qui soude les Pèlerins d'Arès est le sens de la vie et la logique d'action découlant naturellement de La Révélation d'Arès. Certains Pèlerins d'Arès sont encore des pratiquants catholiques, protestants, juifs, musulmans.

La foi arésienne n'est pas de religion, mais de vie spirituelle. La Révélation d'Arès, étant universelle, intéresse la vie sous tous ses aspects. Comme la vie est par nature évolutive, la foi des Pèlerins d'Arès est évolutive, ce que n'est jamais la foi religieuse ou sectaire. Même le pèlerinage d'Arès, qui d'ailleurs n'est pas obligatoire et dont le lieu confiné ne pourrait contenir tous les Pèlerins d'Arès (de là l'étrangeté de l'appellation Pèlerins d'Arès) n'est pas fait dans un esprit religieux, il est fait dans un esprit de regain et d'évolution, étant parfois pour cette raison visité par des incroyants. Plusieurs traits tout à la fois spirituels et rationnels de la foi arésienne sont ainsi difficiles à expliquer s'agissant de femmes et d'hommes dont l'idéal s'inspire d'un livre d'origine exclusivement surnaturelle: La Révélation d'Arès. La vie d'un Pèlerin d'Arès est une oeuvre ininterrompue de sa conscience, de sa volonté et de ses efforts pour se créer bon, et pour persuader d'autres hommes de se créer bons, en chassant le mal au fond de soi, en acquérant l'amour, la vertu, la réflexion, la patience, et la liberté spirituelle absolue sans laquelle l'homme du système ne peut changer en "homme du temps qui vient". Ceux qui ne connaissent pas La Révélation d'Arès comprendront mieux ce qu'est le Pèlerin d'Arès si je le compare au croyant traditionnel. En vrai Pèlerin d'Arès, réaliste, j'ai une opinion, mais je ne juge pas les hommes, leurs croyances et idéologies. Non seulement j'aime et respecte tous les hommes, mais je crois que la plupart d'entre eux peuvent contribuer au changement du monde qu'encourage La Révélation d'Arès. Aussi, en comparant la foi arésienne à la foi religieuse, je ne juge pas cette dernière, j'utilise seulement un moyen rapide d'expliquer les convictions des Pèlerins d'Arès:

D'un côté il y a la foi religieuse traditionnelle. En quoi consiste-t-elle? Elle consiste à rechercher le salut après la mort ou/et à satisfaire à Dieu, ou à une divinité, ou à un fondateur, ou à un texte vénéré, auxquels on ne saurait désobéir sans s'exposer à la perdition, en se pliant à des dogmes, credos, prières et coutumes indéformables, parfois aussi à une autorité. Le fond et la forme de la foi religieuse ont été décidés une fois pour toute comme si les générations à venir ne seraient faites que de débiles incapable de mieux comprendre et de mieux vivre les sources. La religion est ainsi pessimiste pour la condition humaine; elle enseigne ou sous-entend que l'homme ne peut pas échapper au péché, à l'erreur fatale et au malheur autrement que par la miséricorde dont la religion est l'incontournable médiatrice. Autrement dit, sans religion il est peu probable qu'un humain reçoive quelques faveurs, protection ou miracles ici-bas, et un séjour heureux dans l'au-delà.

D'un autre côté il y a la foi arésienne, qui est à peu près le contraire de la foi religieuse traditionnelle. Plus exactement, la foi arésienne se tire de La Révélation d'Arès, qui n'est pas contradictoire à la Parole antique, mais qui sur des points essentiels rectifie radicalement les interprétations et comportements que les religions ont tirés de cette Parole antique. Notamment, aucun Pèlerin d'Arès ne prétend être sauvé parce qu'il a pour source de foi La Révélation d'Arès (Qui peut savoir qui est sauvé et qui n'est pas sauvé?, dit-elle). Conscient de ses défaillances et péchés, le Pèlerin d'Arès se garde de juger qui que ce soit, se réjouit volontiers que d'autres croyants ou incroyants le dépassent en bien, en amour, en pardon, en paix, etc. "Dans ces conditions, demandent certains, quel avantage y a-t-il à être un Pèlerin d'Arès?" Il ne s'agit pas d'un avantage, il s'agit de rejoindre l'avant-garde de la renaissance spirituelle de l'individu et du monde. Vérité, pénitence et liberté forment la triple condition du passage universel du mal au bien, que La Révélation d'Arès appelle "le changement". Il s'agit de dépasser sans violence l'ère des institutions, qui ont toutes atteint leurs limites, pour entrer dans la Voie longue mais finale du salut du monde. Un Pèlerin d'Arès ne croit pas qu'un homme, croyant ou non, trouve le bien et donc son salut sans convaincre d'autres hommes à trouver le bien et donc leur salut, et il pense que La Révélation d'Arès montre la Voie la plus cohérente dans cette perspective.

S'efforçant d'acquérir le bien, le Pèlerin d'Arès ne se prétend pas supérieur aux autres croyants ou humanistes; il a seulement découvert avant eux les vraies définitions et natures de la force et de la volonté de transformation et de salut. Son humilité est résolument optimiste: "Si moi, un individu ordinaire, je peux devenir bon, beaucoup d'hommes ordinaires sont sûrement déjà bons, et beaucoup d'autres pourront tôt ou tard devenir bons; le monde changera." Optimiste est aussi le Créateur, tel que La Révélation d'Arès le dépeint, qui ne réclame ni credos, ni louanges, ni prières, ni cultes, quoiqu'il n'en refuse aucun, mais qui souhaite que l'humanité, qui a reçu par adoption, si je peux dire, son "image et à sa ressemblance" (Genèse), retrouve la spiritualité et la créativité libres qui lui permettront de vaincre le mal et de recréer le monde.

Le Père intervient rarement dans l'histoire humaine individuelle ou collective. C'est un Père qui aime tous ses enfants sans distinction, qui respecte leur liberté, et qui manifeste seulement son souhait ardent qu'ils reviennent au plan qu'il leur proposa au temps où la nation humaine avait pour nom Adam, et abandonnent le plan qu'ils se sont donné, que j'appelle le système (mot galvaudé) par commodité. Depuis des millénaires, le problème entre le Créateur et les créatures, entre la foi et l'athéisme, etc., réside dans l'opposition de deux perspectives et régimes de valeurs: le plan d'Eden et le système du monde. En gros, le système que les hommes se sont donnés engendre le bonheur, mais au prix du mal, de la souffrance, de la violence et de la mort, tandis que le plan du Créateur engendrait le bonheur au prix de l'amour, de la paix, de la sagesse. Quel prix est le plus élevé? demandent les Pèlerins d'Arès. L'incrédulité de l'humanité, même croyante, à l'égard du plan d'Eden vient de ce qu'il ne reste aucune preuve extérieure de celui-ci; pour le moment la preuve n'est retrouvée qu'au fond de chaque homme qui renonce au péché et qui s'efforce d'être bon, pas seulement charitable, mais aussi libérateur, recréateur du cadre humain. Le Pèlerin d'Arès ignore le concept religieux de salut exclusivement personnel. Puisqu'il ne distingue pas entre son péché et le péché du monde, entre ses mérites et les mérites des hommes de bien, entre sa responsabilité et la responsabilité humaine collective, il voit son salut lié au souci de sauver toute l'humanité, sinon au cours de sa courte vie, du moins dans les générations futures qu'il prépare à acquérir le bien. Le Pèlerin d'Arès ne peut moins faire que croire à cela, parce que le Créateur, le Père, lui-même croit l'homme capable de changer de destin en dépassant le système par le réveil et l'auto-éducation de capacités depuis trop longtemps endormies ou atrophiées au fond de chaque individu.

Pour la foi arésienne la finalité humaine est corporelle. La mort de l'homme et les vagabondages de ses restes immortels (esprit et âme ou esprit seul si le défunt ne fut pas un homme de bien) ne sont que l'accident auquel aboutissent logiquement la souffrance et le vieillissement provoqués par le mal qui mine toute l'humanité. Le mal vaincu après des générations de lutte, la chair retrouvera des propriété surprenantes, dont la perpétuité. Le thème de la résurrection des morts trouvé dans toutes les Ecritures se rattache à cette transfiguration du corps. Mais la victoire sur le mal n'est possible que dans la liberté spirituelle absolue, qui sera longue et ardue à concrétiser, parce que les pouvoirs religieux et politiques, qui restreignent la liberté, ne se justifient qu'en prétendant que le mal est invincible et qu'eux seuls peuvent en protéger l'humanité. Les missions auxquelles réfléchissent les pèlerins d'Arès suivent la logique inverse, celle de Dieu, que nous fait redécouvrir La Révélation d'Arès, Dieu qui nous enseigne la puissance créatrice de l'amour et de la générosité, Dieu qui ne s'impose pas, qui n'impose même pas qu'on ait foi en lui, parce qu'il sait que de la liberté intérieure absolue viendront le bien puis le bien absolu, et que, par cette Voie, l'homme retrouvera son Créateur de toute façon. La Révélation d'Arès ne dit pas que la foi est inutile, loin de là; elle dit qu'accomplir le bien sans croire sauve tandis que croire sans faire le bien ne sert à rien. Le bien seul est salvateur, mais la foi est la meilleure génératrice de volonté de bien.

Tout homme, le meilleur comme le plus mauvais, a deux natures: la nature d'animal pensant et la nature divine, celle-ci devenue inactive chez la plupart. La Révélation d'Arès ne se préoccupe pas de la forme ou des formes de société que l'humanité changée se donnera. La Révélation d'Arès se préoccupe d'une seule chose: Que des hommes en grand nombre fassent co-exister leurs deux natures en eux-mêmes pour être chacun "corps, esprit (nés du ventre de la mère) et âme (née de la conscience du bien)", et le monde sera transfiguré, qu'il soit capitaliste, communiste ou autre chose. La transfiguration ne sortira jamais des idéologies, des sciences et des lois, elle viendra toujours de l'amour et de l'intelligence. Maintenant déjà, dans ce monde tourmenté, beaucoup d'hommes peuvent refuser de faire le mal et s'imposer d'être bons. Tout animal pensant peut être aussi un christ ("J'en ai fait un Dieu," dit La Révélation d'Arès) ou rester seulement un animal pensant, parfois très médiocre et féroce. Nouveau né, l'homme est fait de chair et d'esprit, auxquels, en atteignant l'âge de la conscience, il ajoutera peut-être l'âme, "sang" de divinité, force d'élévation, s'il pratique le bien, autrement dit la vie spirituelle, même s'il est incroyant (L'incroyance est compréhensible, dit La Révélation d'Arès, parce que l'humanité a été scandalisée). C'est sous cet angle de transformation de l'existence (pécheresse) à l'essence (spirituelle), deux mots que Sartre rendit célèbres, qu'on voit le mieux les Pèlerins d'Arès comme existentialistes. La Révélation d'Arès est en somme un Appel à l'animal pensant pour qu'il change en Dieu, en lui disant en substance: Le mal peut être vaincu par le Dieu en toi. A la renaissance du bien, ou de la vie spirituelle, La Révélation d'Arès donne des noms divers, mais tous dynamiques comme changement, ascension et pénitence, un terme auquel elle ne donne pas le sens de remords ou punition, mais le sens de recréation du fils de Dieu par lui-même. Par suite, le peuple dans La Révélation d'Arès n'est pas le "troupeau d'oies réclamant la pâtée" dont parlait Péguy. Chaque homme doit reprendre possession de lui-même et forger son destin.

Le philosophe Schopenhauer disait: "Je ne vois pas d'hommes qui réfléchissent, je ne vois que des autorités." On peut dire la même chose de tous ceux qui contestent toute évolution de la notion de l'homme et qui contestent donc la foi des Pèlerins d'Arès. Ces adversaires de la foi arésienne parlent "d'autorité" sans étudier ni méditer La Révélation d'Arès. Ils défendent très sincèrement les mensonges, les erreurs, les injustices, bref, les conséquences du système sans se demander si les Pèlerins d'Arès ne montrent pas au monde une autre voie rationnelle pour décider l'humanité à se guérir du mal. En refusant de voir la Vérité que rafraîchit La Révélation d'Arès, ceux qu'irritent les Pèlerins d'Arès continueront d'assumer les pertes colossales en valeurs humaines et spirituelles et leurs conséquences: la colossale médiocrité qui domine le monde. Il y a belle lurette qu'on ne discute plus de l'homme ailleurs que dans les cercles théologiques ou philosophiques, et encore! Dans les assemblées politiques, les tribunaux, le fond n'est jamais abordé. Les notions essentielles restent donc "momifiées". L'homme peut-il être jugé? Oui, répondent les autorités du monde, qui perpétuent ainsi ce que La Révélation d'Arès appelle "la vengeance sans fin", barbare au fond. Non, disait déjà Jésus il y a 2.000 ans, implicitant que la société doit se protéger des malfaisants par d'autres moyens, en les aimant et les aidant à changer. L'homme est-il incapable de changer le monde en bien? Oui, il en est incapable, répondent les autorités. Non, répond la Parole de Dieu, l'homme en est capable, encore faut-il lui en faire prendre conscience. Parler de changement fait peur ou fait rire aujourd'hui comme au temps des prophètes. C'est pourquoi "quatre génération ne suffiront pas" à changer les attitudes, dit La Révélation d'Arès, mais tant qu'on ne fera pas accepter le principe de la respiritualisation du monde, le mal sévira à jamais. Les Pèlerins d'Arès, ou "petit reste", se considèrent comme l'avant garde de ce travail qu'est faire accepter le spirituel comme sauveur universel. Ils ne cherchent pas à convertir à une religion.

Mais pourquoi la liberté intérieure absolue? Pour provoquer la révolution? Non, les révolutions ne changent pas grand chose, elles permutent seulement les pouvoirs et les lois. Sans liberté intérieure absolue on ne voit pas que la pensée est depuis longtemps confisquée, que le destin de chaque homme est fixé, et que ce qui en reste apparemment libre est contrôlé par ceux qui affirment partout que rien ne peut changer sauf dans le détail. Tout discours ou sermon officiel est à la limite de l'autisme. La culture, même la plus calamiteuse, est érigée en condition sine qua non de salut du peuple. Tout progrès se réduit à l'appât, de toute façon très mesuré, des avantages matériels et des licences morales proposés par la politique ou par la religion, l'une et l'autre confondues dans La Révélation d'Arès parce qu'elles fonctionnent à peu près de la même façon. Ce monde, qui se croit dynamique parce qu'il est agité, vit dans l'immobilisme. Les Pèlerins d'Arès savent que si l'homme ne se remettait pas en marche, il ne retrouverait jamais la vie spirituelle, sa vraie vocation.

Pour traduire les mots sans âge de La Révélation d'Arès en mots de l'âge que nous abordons: le troisième millénaire, les Pèlerins d'Arès annoncent sans haine ni colère mais avec fermeté et réalisme que la meilleure façon de servir le Père et/ou la Vérité est de se guérir et d'aider les autres à guérir de l'aveuglement qu'entretiennent sincèrement ou cyniquement ceux qui continuent d'inculquer aux hommes des "valeurs" qui ont apporté autant de mensonges, d'erreurs, d'épreuves, de souffrances et de morts que de bienfaits, à supposer que les progrès techniques formidables du XXe siècle soient tous des bienfaits. Deux guerres mondiales au cours du XXe siècle, qui s'achève par le massacre du Rwanda et la guerre du Kosovo, et des grosses crises économiques, sociales et morales en vue. Quelles preuves les inquisiteurs de La Révélation d'Arès peuvent-ils lui opposer?